Julie Saury

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Interview

Qu’est ce que le groove?

Le groove, c’est la musique à danser: j’ai fait beaucoup de danse, quand j’écoute de la zique, faut que ça groove pour danser. j’aime ce coté u musique populaire, que l’on retrouve dans la musique Cubaine, Brésilienne, le jazz traditionnel aussi; au début, nous avons oublié que le Jazz est une musique pour danser. Les batteurs qui ont cette culture, vous la reconnaissez tout de suite, même s’ils ne jouent du jazz « trad ». Cela s’entend bien avec Jeff Watt le batteur de Wynton Marsalis.

c’est fascinant en particulier chez les batteurs de la nouvelle Orléans. Ce sont tous des musiciens de scène, ils ont grandi et joué dans des endroits populaire. A Paris l’endroit , où l’on dansait sur le jazz, c’était après guerre et c’est toujours un peu le Caveau de la Huchette. Tout le monde y allait pour danser et passer une soirée jazz. Cette musique le jazz « trad » est aussi une musique à écouter.. Aujourd’hui t il y a un peu de nostalgie, de sentimentalisme, car ce n’est pas plus la musique que l’on écoute actuellement.

En ce moment qu’ écoutez-vous?

Cela change souvent, j’ai des périodes où je n’écoute que du brésilien, moi aussi je peux être nostalgique., puis pendant les deux semaines suivantes, je ne vais écouter que du Georges Benson. D’autre part je sors beaucoup, je préfère écouter la musique en public, le jazz est bien meilleur sur scène, l’idéal c’est d’écouter le jazz en public. Le disque c’est comme une photo, c’est la reproduction d’un moment de musique, mais cela n’égale jamais ce que tu peux entendre en public, prés des musiciens. Je m’efforce de sortir dans le peu de clubs de jazz qui marchent encore à Paris.

Je sors beaucoup j’aime aller écouter la musique en en public; le jazz s’écoute en public, prés des musiciens. Le disque grave un moment, mais cela ne vaut pas l’écoute en public, je m’efforce de sortir dans le peu de clubs qui restent en activité à Paris.

Comment se porte le jazz?

Il se porte pas mal , car il y aune éclosion de jeunes talents, qui sortent des écoles de Jazz ou des départements Jazz des conservatoires, et aussi n’oublions pas internet, qui offre un accès à la culture sans précédent. A mon époque, nous n’avions pas cette chance. Il manque simplement une organisation qui programme et organise les concerts ou les passages en club.
Le niveau des jeunes musiciens est trés élevé, ils arrivent à un moment sans style dominant, ils doivent s’adapter, faire leur propre cuisine. C’est extrêmement intéressant, passionnant , moins qu’ autrefois, où chacun défendait sa paroisse, son style, son public.

Aujourd’hui, nous avons toutes les clés pour étudier, avant on relevait les solos sur les disques et on faisait ce qu’on pouvait avec, maintenant on a des livres, on peut aussi prendre des cours d’arrangements, d’improvisation, on a vraiment tous les moyens de se former, cours sur Skype. Ce qui est intéressant, c’est ce qu’on va en faire. la technique sans discours, l’improvisation, c’est le propre du jazz, faire des trucs intéressants. Il faut trouver, avec l’expérience cela vient, pratiquer l’instrument, trouver ce qu’on veut exprimer, rencontrer des musiciens qui parlent le même langage, on peut vivre des moments trés forts.

Ce moment fort il faut le chercher, travailler, le vivre c’est super. les efforts paient. Cette musique me parle, c’est pour cela que je la joue, , le jazz c’est autre chose, plus évolutif.
Durant certaine période (60-90) , vous n’étiez pas assez ceci, un peu trop comme ça, bref on te faisait sentir, qu’il n’y avait pas de place pour toi. C’était la guéguerre des uns contre les autres. Il ya eu la période figues moisis et raisins pourris, par exemple, il fallait être bop pour les uns, traditionnel pour les autres. Aujourd’hui, ces barrières construites artificiellement sont tombées. Chacun doit chercher et trouver sa voie, sa musicalité, son langage, qui le fera sortir du lot, le différenciera.

Dans les années 90 en début de carrière, étudier l’afro cubain, la salsa, on me l’a fait payer, j’étais la fille de. ce n’était pas bien du tout la musique cubaine, quitter le petit milieu parisien, c’était mal perçu, mais j’ai beaucoup appris, à mon retour j’étais plus confiante, je suis revenue au Jazz grâce à Philippe Milanta (10) trés bien comme ça.

Ta carrière?

Depuis 2000, je fais partie du Grand Orchestre du Splendid. Voilà 10 ans, que Je suis un des piliers du trio de Philippe Milanta, ainsi que du Duke orchestra de Laurent Mignard.
Depuis 2003, j’ai joué avec de nombreux musiciens tels que Teddy Edwards ,Spanky Wilson, Sarah Lazarus ,Benny Green, Red Holloway, Louis Smith,Turk Mauro ,Johnny Griffin, Pee Wee Elis ou encore Warren Waché et Harry Allen dans des festivals comme Bayonne ou Ascona ou en club à New York.

(Ndlr :Julie Saury est une accompagnatrice ( Side woman) recherchée, elle a pu accompagner Le projet de Sebastien Llado,Some like it Odd, Deborah Tanguy, Anne Ducros, Carine Bonnefoy, Sophie Alour, Aurore Voilqué, Nicolle Rochelle, Julien Brunetaud, Sylvia Howard, Myra Maud, Tricia Evy, Philippe Baden Powell, Rafael Paseiro. Elle collabore aussi a un collectif de musiciennes Européennes scandinaves telles que Karin Hammar, Hildegunn Øiseth , Sandra Hempel, Ida Gormsen, Shannon Mowday.)

Rhoda Scott

Je connaissais Rhoda depuis longtemps, amie de papa, , en fait je n’osais jamais aller faire le bœuf au Bilboquet avec elle. Pire trop intimidée, un jour je n’ai pas osé remplacer Lucien Dobat, vieille connaissance et batteur attitré de Rhoda, pour moi Rhoda , c’était la star. Nous nous regardions en chien de faïence, un jour m’a demandé :

– « pourquoi tu n’es jamais venu jour avec moi? »
– « Je n’osais pas « j’étais traumatisée ! »
– « j’ai pensé que tu ne venais pas parce que tu me trouvais ringarde! »

En fait c’est quelqu’un que je connaissais depuis longtemps, mais pas personnellement. Et il y a quelques temps , nous avons fait le festival de Vienne avec les Rumbananas, : au festival Jazz à Vienne en 2004, à la même affiche que Rhoda et Abbey Lincoln. Abbey Lincoln avait eu un empêchement. C’était la journée « femmes ». Le programmateur du festival Jean Pierre Vignola et l’agent de Rodha Scott trouvaient sympa comme idée qu’on fasse un groupe de filles et que l’on joue avec Rodha. Et comme il y avait Airelle Besson (trompettiste), Sophie Alour (sax ténor) et moi, et on a fait un truc de jazz. Cela a super bien marché, donc du coup, nous avons continué. Depuis nous travaillons régulièrement ensemble notamment : Lady quartet de Rhoda Scott depuis 2004 (Sophie Alour, Lisa Cat Berro)avec lequel nous avons remporté gagné un Django d’or du meilleur spectacle live en DVD .

Qu’est ce que représente le jazz ?

Un moyen d’expression, c’est comme toute forme d’art, une musique très populaire au départ, qui a pris sa place, une grosse place dans le monde musical, notamment pour les instruments: la batterie, a évolué avec le jazz qui l’a d’abord mis en place, chaque instrument a pu s’exprimer dans tous ses registres grâce au Jazz; en particulier grâce à l’improvisation . Le rôle du saxophone dans le classique c’est à pleurer, on ne peut pas dire qu’il épanouisse le musicien vu le répertoire joué! le jazz a permis aux Instruments de se révéler et l’improvisation est un moyen d’expression hyper fort, une fois rentrée dans cette musique, il est difficile d’en sortir.

Ta batterie favorite

Bon sérieusement, je n’ai jamais été trop  » matos « , je m’en fout un peu. Et je préfère jouer sur une batterie pourrie que de me farder le matos. J’ai un bijoux que je sors rarement : je me suis offert une Grestch à New-York que j’ai trouvée dans un magasin vintage : http://www.latoiledesbatteurs.com/reportage/julie-saury/

Les projets ?

L’ an passé j’ai beaucoup travaillé avec Philippe Baden Powell (11), le disque sort prochainement, j’ai aussi mon propre trio avec Carine Bonnefoy et Felipe Cabrera. le disque va sortir prochainement. Carine est pianiste, Felipe contre bassiste cubain, nous jouons des compos originales, modernes, ouvert, mélange de tout, on se connaît depuis trés longtemps. Nous avons toujours eu envie de travailler ensemble, finalement cela s’est fait. Nous avons pris a pris le temps de nous rendre disponible d’enregistrer.

En janvier 2015, ce sera l’ enregistrement d’un album d’ hommage à Maxime Saury, avec Philippe Milanta, Bruno Rousselet, basse, Aurélie Tropez, Thomas Savy. ils ont joué avec papa, on parle le même langage , il y aura des reprises des répertoire de papa, nous ne jouerons pas trad, je ne le fais pas bien, et je ne veux pas refaire ce que papa a fait, si les amateurs de jazz veulent écouter Maxime Saury, ils peuvent acheter les albums originaux. Le trio va apporter sa touche propre, sa couleur. Je joue régulièrement avec Aurore Voilqué, très active, elle a tout, génial, du punch, comprend pas toujours où elle veut aller, mais c’est naturel, spontané, c’est parfait.

J’accompagne aussi des formations latin jazz avec Orlando Poleo, Félipé Cabrera, Yaité Ramos Rodriguez, ainsi que des formations groove funk avec Daniel Romeo et aussi Sergent Garcia. Enfin Je travaille aussi avec Pierre Richard .

Merci Julie, nous attendrons avec impatience tes prochains album et surtout nous ne pouvons que conseiller d’aller t’ écouter jouer.

Jean Bachèlerie décembre 2014

1) Jazz hot l 14.11.2012 lire la savoureuse notice biographique sur internet de Félix W. Sportis.
http://www.jazzhot.net/PBEvents.asp?ItmID=22648
2° le caveau de la Huchette est un des lieux historiques du Jazz à Paris toujours en activité.
http://www.caveaudelahuchette.fr/
Le Caveau de la Huchette est un club de jazz français, créé par Maurice Goréguès en 1948, situé à Paris, 5 rue de la Huchette, en plein quartier latin (5e arrondissement). C’est un des lieux mythiques du jazz à Paris.
le club est installé dans une cave qui, selon la légende, servit d’abord de lieu de rendez-vous secret aux Templiers et aux Rose-Croix, puis aux Francs-maçons1,2,3.( source Wikipedia)
« Appelé autrefois « Caveau de la Terreur », puis « Théâtre de la chanson » au temps où il accueillait Les Frères Jacques, Ferré ou Brassens, et les premiers sketches de Roger Pierre et Jean Marc Thibault. Le Caveau de la Huchette a même inspiré Alan Sytner fondateur du tout aussi fameux club The Cavern à Liverpool indissociable des Beatles.
Chaque soir un orchestre de jazz pour le plaisir d’écouter ou de danser, dans la pure tradition de l’époque des Cotton club, Savoy »…
C’est Dany Doriz, vibraphoniste et ami de Lionel Hampton qui préside à la destinée de ce club mythique depuis 1970. www.danydoriz.fr (source Dany Doritz )
en savoir plus:
– 60 ans de caveau de la huchette de Dany Doriz (Auteur), Christian Mars (Auteur), Cabu (Préface)
l’Archipel éditeur , 2008. 57 pages
3) Prince Rogers Nelson, né le 7 juin 1958 à Minneapolis aux États-Unis, connu sous le nom de scène Prince, est un chanteur, musicien, compositeur, réalisateur artistique, danseur et producteur américain de pop, defunk, de rock et de R&B contemporain. Il est également acteur. Il a vendu plus de cent cinquante millions de disques dans le monde depuis 1979.
Sa carrière, entamée en 1978, est l’une des plus prolifiques de l’univers de la pop avec plus de trente albums personnels, auxquels il faut ajouter de nombreux disques produits et composés pour des artistes tels queThe Time, Sheila E. ou Larry Graham.
Il fut l’un des premiers à expérimenter la diffusion de sa musique via internet.
Prince connaît cependant un regain de popularité (et de succès) en 2004 avec l’album Musicology. source wikipedia
4) Sheila Escovedo, née le 12 décembre 1957 à Oakland (Californie), connue sous le nom d’artiste Sheila E, est une 4/ chanteuse, musicienne et percussionniste américaine.
Fille du percussionniste Pete Escovedo, elle devient très tôt une musicienne confirmée et participe aux tournées de Lionel Richie, Marvin Gaye, Herbie Hancock, ou Diana Ross.
En 1983, elle participe à l’enregistrement d’un duo avec Prince sur le titre Erotic City (édité en 1984). Ce sera le coup d’envoi de sa carrière de chanteuse.
Son premier album, The Glamorous Life (1984), est intégralement produit, écrit et interprété par Prince sous le pseudonyme de The Starr Company. L’album est un succès classé disque d’or aux États-Unis, produisant deux hits: le morceau titre, et The Belle Of St-Mark.
L’année suivante, son second album sous l’aile de Prince In Romance 1600 est également disque d’or et produira un énorme hit en duo avec Prince : A Love Bizarre. source Wikipedia
5) CIM est la première école de Jazz et Musiques Actuelles créée en 1976 à Paris. à Créée en 1976, le CIM est une école de jazz et de musiques actuelles. Le CIM vient d’ouvrir une nouvelle école à Narbonne,( rentrée en janvier 2015)
Elle a formé depuis 1976 des milliers de musiciens professionnels Français et étrangers tels que M (Mathieu Chédid), Youn Sun Nah, Angélique Kidjo, Patrick Bruel, Magic Malik, Julie Saury…
On peut y apprendre le chant et tous les instruments, la théorie de la musique, travailler en orchestre, découvrir ou développer ses connaissances de l’environnement socio professionnel, se former à l’informatique musicale.
Les élèves se produisent régulièrement en formation dans des lieux professionnels.
L’école ayant un statut d’organisme de formation, prépare à l’obtention d’une certification professionnelle « Musicien Interprète des Musiques Actuelles » inscrite au RNCP. Les études peuvent être prises en charge par les structures de financement telles que l’AFDAS, FONGECIF, les Conseils régionaux etc.
source : http://lecim.com/?page_id=193
6) http://www.maifrance.com/maifrancecom/home_mai.php?id=1
fondée en 1984, le MAI , organise un cursus sur deux semestres dans les différents champs musicaux et instruments de musique des  » cursus pro « : guitare, basse, batterie, claviers, cursus jazz academy, pop cademey, production musicale, musique de film…
D’autre part le MAI propose des stages intensifs consacré au chant, à la batterie, la guitare…
7) entretien avec « la toile des batteurs » http://www.latoiledesbatteurs.com/reportage/julie-saury/
 » Disons que les cours, si tu restes un an, c’est 15000 dollars. Et après, il faut se loger et bouffer. Et quand tu es à New-York, il faut sortir ; parce que, si tu es là-bas et que tu ne vas pas écouter de la musique, c’est blaireau. Donc ça représente un vrai budget. Moi, j’ai eu la chance d’avoir des bourses. J’ai eu la chance d’avoir été intermittente assez rapidement et j’ai pu profiter des stages. Donc ça c’était cool. »
8) http://thecollective.edu/
the collective est un institut de musique, fondé en 1977, axé sur les musiques contemporaines sous l’angle de la section rythmique , proposant une formation haut de gamme aux musiciens.
il est organisé autour de: la batterie, la basse, la guitare, les claviers, le chant.
« l’objectif est former des musiciens soucieux de faire une carrière professionnelle en offrantdes cours au plus haut niveau , qui forment à la technique, la conception , selon une méthode fondée sur la pratique nécessaire pour permettre la réussite artistique et le succès commercial. »
Cet institut offre en plus un suivi par la actualisation à jour du savoir faire fait au travers de stages , permettant à l’artiste de faire le point, et de constater sa progression, et l’aider à poursuivre sa carrière.
9) La Grosse Émission est une émission de télévision française humoristique créée en décembre 1997 par Dominique Farrugia et diffusée chaque soir de la semaine de 19h à 20h sur la chaîne Comédie !, qu’il venait de créer, jusqu’en juin 2002.
La Grosse Émission II (1999-2001) comportait comme pour la première le groupe des Rumbananas, et c’est Nicolas Deuil qui présentait les animateurs pendant le générique.
album Rumbanana – « Ça, ça m’fait peur »
2000 (Damm)

1/Ramon2. C’est Si Bon3. Ay! Que Hombre4. J’ai La Memoire Qui Flanche5. Es Destino6. Ca, Ca M’fait Peur7. Conguero8. Amor De Mis Amores9. Deshabillez-Moi10. Baila Rumbanana11. Quizas, Quizas12. Isla De Malta
trio Lisa , Julie et Sophie 2006
trio latino jazz : Jacynthe Jacquet , piano, thérèse Henry, basse et Julie Saury batterie
10) Philippe Milanta
(né le 30 mars 1963) est un pianiste, organiste, compositeur et arrangeur français de jazz.
De 1976 à 1987, il joue dans diverses formations dans la région de Marseille dont celle de Lionel Belmondo et Stéphane Belmondo. Il s’installe à Paris en 1987. Il forme son propre trio (piano, contrebasse, batterie) en 1989 et parallèlement est aussi le pianiste attitré de nombreuses formations dejazz notamment celles de Guy Lafitte, Gérard Badini, Spanky Wilson, Laurent Mignard et Glenn Ferris. Il accompagne aussi de nombreux artistes de passage en France tels que Ted Curson, Teddy Edwards, Scott Hamilton, Duffy Jackson, Plas Johnson, Barney Kessel, Joe Newman, Louis Smith,Lew Tabackin, Bob Wilber et Kenny Davern.
Distinction
En 1996, il obtient le prix Sidney Bechet de l’Académie du Jazz.

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